Avant de commencer tes recherches d’emploi, je souhaiterais que tu te poses, et que l’on prenne cinq minutes pour faire le point. Je vois déjà le scepticisme de certaines au fond de la salle, celles qui sont déjà dans les starting block, bloc note en mains.
Pourquoi je te demande ça ? Ces dernières années ont été assez rudes. Mis bout à bout, depuis la mise en place de l’opération sentinelle, les opex de plus en plus fréquentes, la COVID19, la guerre en Ukraine, ta moitié a sûrement été très sollicitée. Et grâce au bel effet de vases communicants, toi aussi.
Le but de cet article, c’est d’essayer de te faire gagner du temps sur des erreurs régulièrement commises par les WF (rassure-toi je fais également partie). Cette liste d’erreurs est malheureusement non exhaustive et certaines mériteraient un article à elles seules dans un deuxième temps avec une boite à outils pour les surmonter.
Donc à partir de maintenant, ton projet professionnel consistera par se poser. Et se poser ta règle essentielle sera.
J’ai presque envie de te dire lâcher prise (une jolie dédicace à ma sage-femme, une WF). Mais moi-même j’ai encore beaucoup de mal, et j’éviterai à tout prix d’être une hypocrite dans mes articles et mes conseils. C’est promis. Mais place au cœur de cet article !
Nous avons quasiment toutes la même histoire ; « Jeune femme, avec ou sans enfants en couple avec un courant d’air, dans une ville inconnue, fraîchement diplômée, sans expérience, sans réseau, et avec l’énergie folle d’un golden retriever devant des friandises ».
Pour résumer, notre histoire professionnelle commence par une volonté à toutes épreuves. Parce que nous avons été élevées avec une valeur de travail forte et que nous avons envie de faire notre petit nid dans la jungle que représente le monde du travail. Mais à travers de notre éducation, et notre quotidien, nous subissons des injonctions sociales fortes et contradictoires qui ont tendance à nous dévier de notre trajectoire professionnelle épanouissante.
Le monde civil nous demande de travailler, d’être indépendante, autonome, carriériste, de cotiser pour une retraite, de nous former, mais tout en étant mère, épouse et fée au foyer.
Le monde militaire nous demande de devenir également une solide « base arrière » pour nos conjoints, mais de le faire en silence. C’est à dire de prendre toute la charge mentale qui va avec, en plus de ce que le monde civil nous demande. Notre charge mentale supplémentaire se regroupe souvent autour de ces 10 thématiques :
- Les angoisses
- Les changements de programme de l’armée
- Les difficultés de la vie quotidienne
- Les stages, les formations
- Les opex/missions
- Les pannes de ta maison, voiture, etc…
- L’administration multipliée par le nombre de personnes dans ton foyer
- Les stress post traumatiques
- L’instabilité, et l’absence de plan sur le long terme
- Les difficultés de santé, de couple, de famille
Et pourtant, tu es là aujourd’hui avec ton envie de travailler malgré toutes ces difficultés. Pourquoi ? Parce que l’on est des optimistes, amoureuses, pleine de vie, prêtes à s’engager, et que l’on a de l’énergie à revendre et que l’on y croit. Nous sommes prêtes à tout pour que notre couple fonctionne.
Pour être transparente et franche, le métier de nos moitiés est un métier qui prend énormément de place, et qu’au fil des années il peut grignoter l’ambition que tu as pour toi et t’éloigner des objectifs de ta vie.
C’est pour çà qu’aujourd’hui je te propose de te recentrer sur toi et tes envies. Retrouver ce qui te caractérise toi en tant qu’individu. C’est donc le meilleur conseil de toute ta vie de conjoint de militaire ET ton nouveau mantra. « Prends du temps pour toi ». Suis cette règle, et normalement nous éviterons de te retrouver en burn-out avant même d’avoir commencer à travailler.
Les principales erreurs que nous avons pu commettre sur nos premières recherches d’emploi sont celles-ci :
→ Première erreur : Foncer tête baissée. Essayer de faire sa place professionnelle, sans inclure une certaine connaissance du monde militaire.
→ Deuxième erreur : La naïveté du débutant. Ne pas préparer ton plan de bataille sur le, court, moyen et long terme. Parce que tu pensais sincèrement que ton diplôme suffisait et que ta volonté à tout épreuve finirait par payer.
→ Troisième erreur : Ne pas chercher ta communauté sociales avant de commencer tes recherches. Les femmes de militaires sont nombreuse et représentent à elles seules autant de possibilités de parcours incroyables et potentiels pour toi.
→ Quatrième erreur : Tracer ton chemin seule. Rester seule dans ta recherche d’emploi. Sincèrement à part un miracle côté réseau, ou un signe du destin du type « au bon moment au bon endroit » çà va être compliqué pour toi sur la durée.
C’est là que j’interviens, avec mes petits tuyaux !
1 – Prendre le temps. Je sais que tu as des contraintes de temps, d’argent, et peut-être malheureusement de santé, etc…
Mais le temps est important. Tu es motivée, et c’est déjà très bien. Mais ne gâche pas cette belle énergie et ton glow pour un projet qui ne tiendra pas sur le long terme.
Mon premier tuyau pour toi, c’est d’apprendre à connaître le monde militaire. Parce que malheureusement, c’est lui qui va te mettre des bâtons dans les roues, et te faire dévier de tes objectifs de vie et de travail. Mais ne lutte pas contre lui, parce que c’est déjà perdu d’avance, donc apprends à travailler avec lui. Pose toi les vraies questions ? C’est à dire :
Quel est votre rythme de mutation (7 ans, 5 ans, 3 ans, 2 ans) ?
Où ton cher et tendre risque t-il d’être envoyé ? C’est à dire défini un périmètre géographique des futures mutations et fonction de sa spécialité. Normalement rien que le périmètre géographique devrait te donner un rythme dans ton travail et ta recherche d’emploi ! Et vu que l’on en parle, peut-il être amené à changer de spécialité ?
Quelles sont ses formations obligatoires ? Y a-t-il des passages obligés (Bretagne, Cognac, Strasbourg, Paris, Trifouillis-les-oies ? ( Non çà n’existe pas, seulement dans ma tête, ne cherche pas).
Lui, quel est son plan de carrière (5, 10, 15 ans, ad vitam æternam)?
Bref, tu l’auras compris renseigne-toi sur les futurs changements qui impacteront ton couple et ta vie familiale. C’est ton premier travail. A faire solo ou à deux, mais qui déjà te permettra de créer un fil rouge auquel se rapprocher et se rattacher.
Pose-toi à nouveau les questions importantes.
Qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ? Quels sont tes rêves ? Ceux d’aujourd’hui peuvent ne pas compatibles avec ceux de demain ! Et ce n’est pas grave ! Mais tu en as besoin pour te fixer des objectifs de vie, afin de ne pas « perdre » ton temps à lutter contre vents et marées pour finir épuisée avant même d’avoir effleurée du bout des doigts ton objectif.
Pour répondre à ces questions difficiles et propres à chacune d’entre nous, je te propose de faire l’inverse et de te demander : quels sont les regrets que tu auras du mal à gérer avec le temps ?
Par exemple, ne pas avoir de statut social, ne pas t’être construit un empire financier à la Kim K, ne pas avoir lancé ton entreprise, avoir ou ne pas avoir eu d’enfants, ne pas avoir eu ton prix Nobel de la paix, cette petite maison à la campagne, ne pas manger de sushis tous les vendredis…. quel est ton plan de vie ?
Quels sont tes regrets actuels et futurs ? Il est temps de faire le point sur ce que tu veux. Parce que rappelons le c’est aussi ta vie.
2 – Prépare toi un plan de vie défini dans le temps selon ce que tu as trouvé comme fil rouge précédemment.
C’est à dire sur le court terme, le moyen terme et le long terme. Il y a la réalité du monde du travail, ta réalité familiale, son évolution, et ta situation professionnelle.
Je rêve de pouvoir te dire que tu auras tout, tout le temps dans tous les domaines. Tu l’auras certainement mais pas tout en même temps, même si je sais qu’il y a sûrement quelques exceptions parmi nous, comme pour chaque règle.
3 – Trouve ta communauté.
Je sais bien que nous nous entendons pas toutes entre nous et c’est normal, nous sommes toutes différentes.
Parce que nous avons toutes des objectifs de vie qui peuvent varier, certaines ont besoin de travailler, d’autres moins, d’autres aiment les poneys et d’autres les détestent, etc…
Discute avec les WF, tu trouveras forcément un groupe de copines. Ici je ne te parle pas d’adhérer à un groupe facebook popote-mili du soir, mais vraiment de trouver un noyau de femmes de militaires qui partagent tes valeurs. Par exemple, personnellement je sais que je m’entends bien avec celles qui ont une grosse valeur travail, qui souhaitent entreprendre, les créatives, les énergiques, celles qui te disent que quand elles viennent, généralement elles débarquent en troupeau sur-excitées et qui ont cette passion intacte. Trouve ta micro-communauté et pose leur des questions. Parler vrai et bien avec elles. Je sais que çà peut être effrayant, mais quand tu vois cette WF qui a les mêmes contraintes que toi, demande lui comment elle s’en sort. Je te parie qu’elle aussi est sûrement seule. Déjà çà vous fera du bien « moi aussi copine, je te comprends ».
Et puis le groupe est plus fort que l’individu, quelles sont vos solutions ? Qu’avez vous mis en place pour vous faciliter la vie? Il y a autant de parcours que de conjoints, et ils peuvent te donner des pistes à explorer en fonction de tes rêves, et de tremplin d’énergie !
4 – Crée-toi un groupe de travail et de recherche.
Par là, j’entends un groupe avec des personnes dans la même situation que toi.
Va au forum emploi avec ces personnes là. Car c’est beaucoup moins intimidant d’y aller en groupe solidaire et d’échanger sur les entretiens.
Crée toi une routine avec ces gens là : envoi de CV, prise de nouvelles. Organisez-vous des entraînements pour les job datings etc.
Si tu en as marre, fais toi un petit pique-nique dehors ( je sais qu’à Brest c’est compliqué mais cela se fait, crois-moi avec un k-way ça passe !), sort, vit. Prends l’air. Le temps passe et la recherche d’emploi est chronophage et énergivore.
Découpe, et organise tes journées avec un temps pour le travail et le reste pour faire quelque chose qui te fasse du bien. Çela peut être une activité créative, sportive ( yoga, lecture, jeux vidéos, sortie, pique-nique, journal intime, moments détente ), ce n’est pas important. L’essentiel c’est de trouver un temps pour toi, Josiane, Séraphine, Célistine ou Roberta qui que tu sois et de faire vivre la personne que tu es.
Et dans ces moments là, par pitié déconnecte-toi, lâche prise. Compartimente.
Ce recruteur ne t’a pas appelé ? Tu as envoyé 86 Cvs et aucune réponse ? Passe à autre chose. Et si tu angoisses quand même, appelle une amie, promène ton chien, câline ton chat, fais toi un gâteau. Il y a plein de solutions, même si tu n’as pas trop d’argent pour un spa. Et si tu ne te sens pas bien, sois gentille avec toi, dis toi que c’est aussi normal ! Ce n’est pas une situation facile. Et si tu sens que çà ne va vraiment pas, s’il te plait ne reste pas toute seule, fais-toi accompagner par un professionnel de santé.
Car l’on n’en parle pas assez souvent, mais l’anxiété générée par toutes ces recherches touche souvent à des sentiments et des rêves plus personnels et peut réactiver des angoisses d’échec chez certaines.
N’attends pas le dernier moment pour prendre soin de ta santé mentale. La vie professionnelle est dure et encore plus avec un conjoint absent ou militaire.
Moralité de l’histoire :
Souffle et respire, çà va bien se passer. Et recentre toi sur les possibilités qui s’offrent à toi pour écrire ton histoire.


